Un chatbot trop humain dessert-il la relation client ?

Pour une interaction renforcée avec un client, le chatbot ne doit pas nécessairement se comporter comme un humain. Explications avec Catherine Pelachaud.

En 1970, nous rappelle cet article,  » le japonais Masahiro Mori a introduit pour la première fois la théorie “Uncanny valley” ou “Vallée de l’étrange”. Selon cette théorie, plus un robot est similaire à un être humain, plus ses imperfections nous paraissent dérangeantes. »

Après le test de Turing par conséquent, une nouvelle question très marketing se pose et particulièrement complexe : quel degré de différenciation d’avec l’humain un chatbot (ou plus généralement un robot) doit pouvoir intégrer à sa conception et/ou  communiquer  pour éviter cet effet d’étrangeté vaguement pathogène  ?

Une question freudienne ?

Source marketingclient.lesechos.fr : Un chatbot trop humain dessert-il la relation client ?

Pour aller plus loin : https://lejournal.cnrs.fr/articles/petit-detour-par-la-vallee-de-letrange

Comment le futur de l’intelligence artificielle pourrait révolutionner le monde d’ici 25 ans

Au sommaire de cet article très « singulariste » (un certain nombre de philosophes commencent à questionner cette notion de singularité ; nous y reviendrons) :

  • De l’IA restreinte au demi-dieu
  • Échec et Michigan
  • Lucy en 2040, Skynet en 2070?
  • Homme bionique et « singularité »
  • Danger ou opportunité ?

Quand la puissance de calcul des ordinateurs rejoindra-t-elle celle du cerveau humain ? Si l’on prend pour référence le nombre de gouttes dans le lac de Michigan, celui-ci sera rempli en 2025.
Le compte à rebours a commencé…

Source  huffingtonpost.fr  : Comment le futur de l’intelligence artificielle pourrait révolutionner le monde d’ici 25 ans

 

Le projet Gilgamesh

Avant la fin des temps modernes, la plupart des religions et des idéologies tenaient pour une évidence que la mort était notre inéluctable destin et en firent même la principale source du sens de la vie (essayons d’imaginer l’islam, le christianisme ou la religion de l’Egypte ancienne sans elle..).

C’est aussi le thème du mythe le plus ancien connu à ce jour : le mythe de Gilgamesh, de l’antique Sumer.

 

Le héros, le roi Gilgamesh d’ Uruk pouvait vaincre tout le monde au combat, et pensait qu’il trouverait le moyen de vaincre la mort.
Il entreprit alors un voyage au bout de l’univers, au bout de l’enfer, mais Gilgamesh échoua dans sa quête et s’en retourna les mains vides.
Quand les dieux créèrent l’Homme, avait-il appris, ils avaient fait de la mort sa destinée inévitable,et il devait apprendre à vivre avec elle.

Mais les adeptes du progrès ne partagent pas ce défaitisme, car la mort est simplement un problème technique.
Et chaque problème technique a une solution technique

Si tuer la mort paraît être un objectif lointain, déjà nous avons réalisé des prouesses qui étaient inconcevables voici quelques siècles
Au XIIème siècle , la seule façon d’arrêter la gangrène était d’amputer le membre infecté.Ainsi en 1199 , le roi Richard Coeur de Lion fut touché par une flèche à l’épaule gauche…. il en mourut 15 jours plus tard dans des douleurs atroces, car pour une épaule,impossible d’amputer.
Aujourd’hui , nous parlerions d’une blessure mineure.
Encore au XIXème siècle, c’est-à-dire hier,les meilleurs médecins ne savaient pas empêcher l’infection et arrêter la putréfaction des tissus et dans les hôpitaux de campagne,par peur de la gangrène, les chirurgiens amputaient couramment les mains, les bras et les jambes des soldats même légèrement blessés. Deux siècles après Waterloo , la situation est méconnaissable et l’espérance de vie a bondi de 25-40 ans = environ 80 ans dans le monde développé

Un bon exemple est la famille du roi d’Angleterre Edouard Ier (1237-1307 ) et de sa femme, la reine Eleanor (1241-1290) qui eurent 16 enfants bénéficiant des meilleures conditions de vie de l’époque. Dix enfants sur seize moururent dans l’enfance , six seulement franchirent le cap des onze ans et 3 vécurent au-delà de 40 ans. Pour autant que nous le sachions les parents royaux étaient un couple  » sain » qui ne transmit aucune maladie héréditaire.
Une telle perte est inconcevable de nos jours , même pour les populations les plus misérables de la planète.

Combien de temps prendra le projet Gilgamesh – cette quête de l’immortalité ?
100 ans ,500, 1000 ans ? Mais qu’est-ce au regard des 70 000 ans de l’histoire de l’humanité quand Sapiens était encore un chasseur-cueilleur ?
Songeons que des spécialistes du génie génétique ont dernièrement réussi à multiplier par six l’espérance de vie moyenne du ver Caenorbabditis elegans , pourquoi ne pas en faire autant pour homo sapiens?
Songeons que des spécialistes en nanotechnologie travaillent actuellement en 2017 à un système immunitaire bionique composé de millions de nano-robots qui habiteraient nos corps, combattraient virus et bactéries, ouvriraient les vaisseaux sanguins obstrués,élimineraient les cellules cancéreuses et inverseraient même le processus de vieillissement.

 

L’Homme augmenté

En 1818, Mary Shelley publiait Frankenstein,l’ histoire d’un savant fou qui, espérant créer un être supérieur, créa un monstre.

Ce mythe rappelle à l’Homo-Sapiens que ses derniers jours approchent inexorablement et que le rythme du développement technique le conduira sous peu à son remplacement. Des êtres entièrement nouveaux dont non seulement le physique sera différent , mais aussi et surtout l’univers mental. Imaginons un seul instant un être supérieur dont l’univers cognitif et émotionnel serait très différent du nôtre. Un univers mental d’une intelligence dépassant de loin celle de l’Homo-Sapiens lui sera à jamais inaccessible, comme l’univers d’une chauve-souris s’inquiétant de la disparition de son petit. Bien sur , nous nous rassurons et nous consolons en supposant que le Dr Frankenstein ne peut que créer des monstres qu’il suffira de détruire pour sauver le monde. Mais est-ce que c’est vrai ? Et si Dr Frankenstein créait un être réellement supérieur et qui nous regarderait comme nous considérons les Hommes de néandertal ?

Dans ce cas, de combien de temps disposons-nous ? Certains  » optimistes » soutiennent que déjà vers 2050 quelques humains privilégiés seraient a- mortels. Plus vraisemblablement au siècle prochain ou du millénaire à venir, mais que valent ces durées, qui apparaissent très longues , dans la perspective des 70 000 ans de l’histoire de Sapiens. La question du « corps augmenté  » ou du  » développement humain artificiel » préoccupent actuellement non seulement la classe politique, les philosophes , les savants, mais aussi les gens ordinaires. Il serait naïf d’imaginer que nous puissions donner un grand coup de frein afin d’arrêter les grands projets scientifiques qui promeuvent l’Homo-Sapiens au point d’en faire un être d’une espèce différente. Le projet Gilgamesh, ce « vaisseau amiral de la science », semble impossible à arrêter et à contrôler tout comme il est impossible d’arrêter Dr Frankenstein. Il semble que la seule chose que nous puissions faire, c’est d’essayer d’infléchir la direction que nous sommes en train de prendre.

Il est une perspective effrayante au plus haut point ;  il nous serait possible sous peu de manipuler nos désirs.La vraie question sera non pas  » Que voulons-nous devenir ? » mais  » Que voulons-nous vouloir ? » Question qui donne le vertige…

 

DARPA is testing implanting chips in soldiers’ brains

UPDATE: DARPA responded to a request from Fusion that « brain-neural interfaces » have not yet been implanted in soldiers, though test devices have been implanted in the brains of volunteers already undergoing brain surgery. We’ve changed the headline to reflect that implantation of chips in soldiers’ brains has not happened yet.

Source splinternews.com : DARPA is testing implanting chips in soldiers’ brains

On rappellera que le DARPA, c’est la « Defense Advanced Research Projects Agency » dont la page des innovations techniques  est  particulièrement intéressante (avec notamment la création du protocole TCP/IP dès 1973, fondateur de l’INTERNET).

N’est-ce pas de la DARPA que le président MACRON veut s’inspirer pour mettre en place au niveau européen une « Agence d’innovation de rupture » capable de financer des technologies émergentes. Inutile de dire que c’est un voeu pieux, étant donné le retard de l’Europe en la matière (d’ailleurs est-ce souhaitable ?)